• Ses Ténèbres

    Warning: Homosexual subject  .

    Sa gorge se serra. Sa poitrine lui faisait mal tandis qu'il la voyait s'éloigner le pas plein de rage. Elle martelait le sol de ses pieds pour fuir loin de lui. Comment en étaient-ils arrivés à cet extrême, déjà ? Il ne se souvenait plus... Il avait eut un black out... Encore un.

    Il ne se souvenait de rien... Pas même de ce qui avait put arriver avant. Le dernier souvenir qu'il avait remontait à leur soirée sur la grande roue... Et il ne savait plus très bien quand est-ce que c'était. Il avait oublié... Encore... Tout ce qu'il savait c'était qu'elle le détestait. Et qu'elle ne lui pardonnerait pas, cette fois... Au final, c'était la meilleure solution... Que ce soit elle qui parte d'elle-même... Ainsi il ne pourrait plus jamais la faire souffrir. Même s'il ne se souvenait pas de ce qu'il avait fait pour la faire réagir, au moins il ne lui avait pas fait de mal, cette fois...

    Il lui avait promis d'arrêter... Mais il n'en avait pas été capable. Ses démons noirs étaient finalement trop encrés au fond de lui pour qu'il puisse s'en sortir seul et il ne pouvait plus lui faire endurer ça. Il ne pouvait plus la blesser continuellement... Il ne pouvait plus lui demander de prendre soin de lui lorsqu'il était dans un état second, proche de la mort. Plus proche à chaque fois de l'overdose... Il ne pouvait plus... ouvrir les yeux sur son corps plein d'hématomes qu'il avait lui-même créés...

    A bout de force, il s'effondra sur le sol. Ses jambes ne le portaient plus. Son corps entier, sous l'effet du revers puissant, tremblait. Il avait froid. Il avait mal. Il avait tellement mal. Sa voix s'étranglait dans sa gorge sous la puissance des sanglots. Ses larmes embrumaient totalement son champ de vision. Il perdait peu à peu pied. Il commençait à perdre chacun de ses points de repères. Quand cela se terminerait-il ? A sa mort, peut-être ? Était-il seulement sûr de cela ? Non... Il n'était sûr de rien, pourtant céder à cette pulsion lui semblait tellement attirant...

    Il se releva et marcha longuement, sans savoir vraiment comment son corps pouvait le porter ni où il allait. Il marchait juste, l'esprit dans le noir. Il avait perdu la notion du temps... Toutes notions, en réalité. Il semblait dans un monde à part, sombre et sans fin, sans croisement, sans chemin ni voie à suivre... Juste... vide.

    Après de longues minutes, il arriva devant la résidence des anges. Que faisait-il là ? Il n'était pas vraiment certain de vouloir le savoir... Il s'apprêtait à rebrousser chemin lorsqu'une voix familière le stoppa. Coquille vide docile, il attendit qu'on le pousse à l'intérieur du hall. Son regard dans le vide, il ne voyait rien... Il était dans son monde de ténèbres. Il percevait bien cette voix, au loin, s'adresser à lui mais ne comprenait pas ce qu'elle lui demandait. Il percevait bien cette sensation plus lourde sur ses épaules et ses jambes supporter moins son poids. Mais il ne savait pas à quoi cela était dû.

    La tête enfoncée entre ses bras croisés, il sembla se raccrocher quelque peu. Il était dans l'appartement de son ami. Il avait gardé les yeux fermés pour revivre comme dans un rêve la nuit de leur rencontre, pour savourer en silence le lien qui, de fil en aiguille s'était tissé entre eux sans qu'il ne s'en aperçoive... Il profitait de l'odeur sucré de chocolat et d'épices. Il profitait de la chaleur douce. Il profitait de la voix mélodieuse qui s'adressait toujours à lui. Et puis, spectateur de sa vie, il se leva d'un geste lent et dénué d'humanité. A pas lents, il se dirigea vers la salle de bain. D'un rapide coup d'œil il repéra l'objet et s'en saisis.

    Il ne voulait pas ! Il ne voulait pas approcher sa main de son poignet. Il ne voulait pas approcher l'objet brillant de sa peau fine et pâle. Pourtant, il le faisait, sans pouvoir s'arrêter, sans pouvoir réagir. Pantin suspendu à ses fils, contrôlé par quelque chose qui le dépasse, il commença à entailler la chair. Il voulait crier, arrêter, jeter la lame au loin, se reculer et pleurer. Mais rien. Juste une larme de sang qui perla et cette douce caresse... Cette douce souffrance qui l'étreignait et le faisait se sentir si bien...

    De longs doigts élégants s'attachèrent à son poignet et lui firent relâcher sa prise sur l'objet qui tomba souillé sur le sol immaculé. A cet instant, son monde sembla reprendre en couleur. Il n'y avait plus que lui. Doucement, une présence se dessina devant lui. Les meubles autour commençaient à apparaître. Il leva les yeux, enfin quelque peu maître de lui-même.

    Il était deux têtes plus grand que lui à le surplomber de toute sa hauteur et le fixait de ses orbes verts. Il était là, ses lèvres pincées en un rictus inquiet et presque douloureux. Il... était là. Il le sermonnerait plus tard, pour l'instant tout ce qu'il désirait c'était être dans ses bras... Ses bras pour oublier. Ses bras pour se raccrocher à la réalité. Ses bras pour revivre. Ses bras pour lui...

    Il laissa son corps aller en avant, tombant presque contre la poitrine de son ami. Par automatismes, ses bras passèrent autour de sa taille et il s'y accrocha comme à une bouée... Il voulait être sauvé... Il pleurait et le t-shirt semblait s'abreuvoir des larmes. Les mains chaudes quittèrent ses épaules pour venir se glisser dans son dos et dans sa chevelure foncée. Une voix douce s'éleva lentement et l'apaisa. Il ne la comprit pas et commença à paniquer, de peur de retomber dans ses abysses profondes de ténèbres, mais il ne sombra pas. Il restait pleinement conscient et pleinement maître de ses actes. Il était juste trop secoué pour comprendre les paroles et ses sanglots résonnaient si fort dans sa tête qu'il n'entendait pas les syllabes se détacher.

    Et puis il finit par se calmer. Il desserra lentement sa prise sur son ami qu'il observa s'agenouiller devant lui. Celui-ci lui reprit le poignet et, une lueur triste assombrissant son regard, il banda la plaie silencieusement. Elle n'était pas aussi importante que la dernière qu'il s'était infligée, ça irait... Doucement, son ami lui demanda un simple "Pourquoi ?" et il ne répondit pas. Il ne savait pas quoi lui répondre... Enfin si, il savait mais sa réponse l'aurait effrayé et il l'aurait sûrement mit à la porte... Et il ne voulait pas, il avait besoin... Besoin de quelqu'un... Besoin de cette présence dans son monde sombre qui lui permettrait de revenir lentement mais sûrement vers celui plus réel, plus vrai et plus douloureux... Besoin de cette personne qui n'élèverait pas la voix mais qui serait juste là pour l'arrêter... La voix reprit, tout aussi doucement elle osa lui proposer de rester pour la nuit. Il accepta, n'osant pas encore relever ses yeux vers ce visage qu'il savait accueillant. Il n'osait pas encore parler non plus, devinant sa voix trop branlante encore, trop écorchée... Mais le signe de tête qu'il fit sembla suffire.

    Il suivit la silhouette jusqu'à la chambre. De ses pas incertains, il vint s'assoir sur le lit et regarda ses pieds. Il pouvait voir ses jambes trop fines et trop pâles dépasser de son pantacourt et ses chevilles saillantes sortir de ses converses peu larges. De quoi avait-il l'air ? Ce gringalet à l'allure de squelette, au visage certainement creusé et aux cernes plus gros que deux énormes valises... Il ne s'était pas regardé dans un miroir depuis si longtemps... Il devait dégoûter tous ceux qui le croisaient, pourtant, lorsqu'il osa enfin lever son regard vers son vis-à-vis, il ne découvrit aucune haine, aucun mépris, aucun dégoût... Juste une profonde tendresse percée d'inquiétude.

    Son ami lui sortit un t-shirt de son armoire et le déposa près de lui avant de le laisser seul. Il pourrait s'en servir comme pyjama et dormir dans son lit, cela lui permettrait de le garder à l'œil même si cela était synonyme de quelques heures de sommeil perdues voir de nuit blanche. Il le laissa se déshabiller dans cette chambre aux couleurs chaude et se glisser sous cette couverture duveteuse. Il le laissa s'endormir enveloppé par ce parfum doux et sucré de cannelle. Lorsqu'il passa la tête dans la chambre, il le découvrit roulé en boule, enserrant la couette pleine de plumes contre lui comme recréant une présence chaleureuse contre laquelle se blottir. Il ne put que soupirer en voyant la petite main frêle surmontée du petit bandage... Au moins il avait fait ça devant lui et il avait put l'arrêter... Mais la cicatrice plus ancienne ne lui avait pas échappée. Il avait devant ses yeux un enfant brisé et détruit qui glissait sur une pente bien raide... Il referma la porte et alla se caler contre les coussins du canapé. La nuit promettait d'être longue.

    Il se posait des questions depuis plusieurs heures, ne pouvant s'endormir, s'interrogeant sur ce petit protéger qui venait d'arriver. Comment avait-il put en arriver là ? Comment un simple petit bout d'homme d'à peine quinze ans pouvait en venir à faire de telles choses... Et pourquoi ? Les questions paraissaient simples, pourtant elles ne trouvèrent aucune réponse. Il hésitait à les poser un jour... Devait-il s'essayer à poser ces questions au risque de faire remonter un trop grand flot de sentiments... Au risque de faire replonger cet enfant ? Il ne savait pas... Ce qu'il savait c'était qu'il avait besoin de quelqu'un et que ce soir, il était venu chercher de l'aide auprès de lui. Il n'était pas prêt à l'abandonner. Il ne savait juste pas comment faire...

    Assis sur le sable fin et imberbe de toutes traces hormis les siennes s'étendant aussi loin que ses yeux ne pouvaient le voir, il observait les vagues qui venaient s'échouer en larges rouleaux aux bordures brodées. Ce bruit si caractéristique et répétitif de la mer qui vient à se perdre sur la terre le berçait lentement. Déjà, il dodelinait de la tête alors qu'au loin, le ciel portait lourdement le soleil et peinant trop à le garder à son zénith. Et quand enfin, prit d'une légère faiblesse, l'orbe de lumière  fut englouti par les eaux, à la limite entre les nuages et cette eau éperdument bleue, Ronan se permit un soupir. Comme il aurait aimé pouvoir inscrire de son doigt dans le sable le prénom de cette personne qu'il savait oublié... De cette personne qu'il appelait désespérément chaque jour lorsqu'il sombrait dans son monde de cauchemar... Combien aurait-il  donné pour ne serait-ce qu'entremêler ses doigts à ceux de sa comparse.  Qu'il s'en voulait... Il s'en voulait tellement d'oublier cette personne qu'il savait loin de lui en ce moment...

    Il ouvrit les yeux, le souffle court et le cœur battant à tout rompre. Encore ce rêve. Encore ce cauchemar... Il ne voulait pas oublier, pourtant... Était-ce prémonitoire ? Était-ce ce que l'avenir lui réservait ? A force de glisser plus bas que terre, il finirait par oublier jusqu'au nom de ces amis ? Jusqu'au prénom de cet ami qui lui avait, ce soir, ouvert sa porte ? Raphael... Il ne pouvait pas oublier... si ?

    Ses entrailles se serrèrent soudainement, le faisant se replier sur lui-même, pris d'un puissant haut-le-cœur. Il avait envie de vomir... Ce contrecoup toujours identique lorsqu'il redescendait... Il se leva prestement, rabattant la couverture de l'autre côté du lit et courut jusqu'à la porte de la chambre. Sa main devant ses lèvres, il se retenait comme il pouvait, peinant à contenir ses nausées. Il connaissait l'appartement par cœur, aussi n'eut-il de mal à se diriger vers les toilettes où il déversa le contenu de son estomac. Dans son dos, il entendait les pas précipités et rapidement il sentit une main chaude lui caresser le dos.

    Quelques larmes pointaient aux coins de ses yeux. Ca brûlait... C'était toujours un désagréable moment par lequel il devait passer. Quand les nausées furent calmées, il n'avait plus rien à vomir. La voix chaude et rassurante s'éleva alors, lui assurant que tout irait bien maintenant. Il n'en était pas certain mais il voulait y croire. Il s'essuya sommairement avant d'aller se rincer. Il vit la silhouette forte de son ami revenir avant qu'il n'ait finit et il l'entendit lui proposer un chocolat chaud. Il accepta, sans un mot, de le suivre jusqu'au salon et s'installa sur le canapé, devant une tasse fumante.

    Prévenant, son ami ramena une petite couverture polaire sur ses jambes graciles, la passant également sur les épaules du plus jeune qui le remercia silencieusement. Il se sentait si bien, ainsi lover contre les coussins, sous cette chaude couverture encore tiède d'avoir servit pour réchauffer son ami.

    Il reposa la tasse sans en avoir touché le contenu, s'étant juste régalé de la douce brûlure entre ses doigts. Il n'avait pas envie d'avaler la moindre chose, à dire vrai... Il voulut s'excuser lorsqu'il sentit un bras se glisser dans son dos dans une invitation muette de venir plus près. Doucement, il se laissa aller contre cette poitrine forte, calant son visage dans le creux de l'épaule, humant l'odeur de cannelle que portait toujours sur lui son ami, se délectant de cette chaleur humaine, se laissant aller dans ses bras protecteurs. Raphael... Il ne pouvait décemment pas oublier ce prénom. Il s'endormit, à moitié allongé dans les bras, sombrant dans un sommeil lourd, profond, reposant et dénué de tout rêve ou cauchemar.

    A son réveil, il était toujours confortablement installé dans les bras tièdes. Il leva les yeux pour tomber sur le visage parfaitement réveillé de son ami. Il semblait attendre son réveil, depuis combien de temps ? S'était-il efforcé à ne pas bouger pour qu'il puisse dormir convenablement ? Sûrement. D'une voix encore légèrement embrumée par le sommeil, son ami le salua son ami. Il lui sourit en réponse avant de se redresser. Il se sentait mieux et pour la première fois depuis longtemps, il se sentait reposé. Il observa distraitement les longues jambes s'allonger et son ami se lever avant de glisser vers la cuisine. Quelques tintements différents lui apprirent qu'il préparait un petit déjeuner et puis il fut convier à le rejoindre. Il n'avait pas envie... Pas faim, pas soif même si sa gorge le brûlait atrocement... Malgré cela il se leva et chancela sur ses jambes faiblardes jusqu'à la cuisine. Il s'assit sur la chaise la plus proche de son ami et plongea son regard sur la tasse fumante. Il voulut refuser lorsque la voix apaisante s'éleva dans la pièce, résonnant doucement contre son oreille. "Tu dois manger quelque chose" lui disait-il alors qu'un sourire naissait sur ses lèvres.

    Quelques peu troublés par l'intonation, il céda. Il n'avait pas l'habitude qu'on s'adresse à lui de cette manière calme et chaleureuse... Il était habitué aux cris, aux violences de son amie qui le forçait à se nourrir. Mais cette fois, c'était différent. Il repensa à la soirée dont il avait peu de souvenirs et s'aperçut qu'il n'avait jamais haussé la voix avec lui, malgré son geste... Il prit la tasse et respira. L'arôme de chocolat fit naître un petit sourire en coin de son visage et il but une gorgée. Le liquide sucré lui brûla un peu la gorge mais il conservait ce goût particulier. C'était bon. Et pour la première fois, il prit plaisir à manger. Peut-être était-ce dû à l'ambiance de cocon qui s'emparait de l'appartement ? Peut-être était-ce ce regard bienfaisant qui le couvait ? Peut-être était-ce tout simplement parce qu'il avait trouvé quelqu'un qui ne lui en voulait pas d'être comme il était ? Il ne savait pas et il s'en fichait. Ce qui lui importait c'était qu'il était juste bien.

    Raphael était habitué au silence de son appartement et avait prit l'habitude de passer ses moments seul dans celui-ci. Pourtant, ce matin, il savait qu'il n'était pas seul. D'autres bruits quotidiens s'élevaient avec les siens comme la céramique qui rencontrait le bois. Comme le léger froissement du coton sous des mouvements souples... Sous ses yeux, il voyait ce bout d'homme reprendre quelques couleurs. Il était pâle de nature, cependant la teinte qu'il avait hier était vraiment inquiétante et le voir ainsi le rassurait. Il observait les mèches sombres décoiffées se jeter devant les onyx et les joues se colorer de légères touches de roses. Il contemplait le sourire mince étirer les lèvres. Et puis ses yeux tombèrent sur les bras marqués. Il retint un soupire. Combien de fois l'enfant s'était-il mutilé ? Combien de fois avec l'intention d'en finir ? S'était-il seulement arrêter à ça ? Il paraissait aller un peu mieux en cet instant, mais qu'est-ce qui lui prouvait que ce n'était pas temporaire ou même une simple façade... ?

    Il était un enfant, un enfant dont tout le monde se moquait et n'hésitait pas à le ridiculiser, un enfant que tout le monde avait laissé derrière lui, seul dans le noir à se renfermer dans un monde d'inquiétudes et de tourments, seul face à son père un peu trop violent et sa mère peu présente... Il avait certes ce corps trop mince dont les os saillaient à ses poignets et coudes. Il avait cette pâleur inquiétante et ses cheveux aussi sombres que la nuit, il ne parlait pas beaucoup et restait souvent dans son coin, mais il restait un enfant... le cœur de l'aîné se serra en pensant à tout ce qu'il avait put subir en si peu de temps d'existence. Il leva sa main et vint raccrocher une mèches de jais derrières l'oreille finir, laissant ses doigts caresser la peau. Il le senti frissonner et le vit relever les yeux sans jamais s'éloigner de sa tasse, alors doucement il lui offrit un sourire et posa son menton au creux de sa paume.

    Le geste l'avait surpris. Il n'était pas habitué pourtant quand il leva les yeux, il prit une nouvelle fois conscience de la chaleur qui semblait se dégager du corps vis-à-vis, de son regard bienveillant et de son sourire sincère.

    La journée passa calmement, tous les deux proches dans cet appartement, s'échangeant sourire et regard en coin. Le plus vieux veillant sur son ami plus jeune et plus fragile, le couvant du regard, l'étouffant presque de tendresse et d'attention. Il n'avait pas l'habitude et ne savait pas trop comment agir seulement il ne pouvait résister à ses pulsions... Il voulait que son protéger se sente bien... A sa place... Il voulait le garder tant que celui-ci en éprouverait le besoin... Même si cela signifiait le prendre à ses parents. Même si cela signifiait le garder deux ans et devoir aménager le l'espace autrement pour lui laisser une chambre digne de ce nom... Et le soir fut là, plus rapidement qu'il n'aurait dût peut-être. Ronan se sentit bien vite s'effondrer contre les coussins du canapé. Il dormait presque lorsqu'il sentit deux bras fort se glisser sous son corps et le transporter. Il s'accrocha au t-shirt inconsciemment, content de retrouver cette odeur de cannelle.

    Les draps se dessinèrent sous lui. Il trouvait une position confortable mais au moment de lâcher ce t-shirt, il ouvrit les yeux. Il avait peur. Il était terrifié à l'idée de s'endormir seul et de replonger dans un cauchemar. Alors il le supplia de rester avec lui cette nuit.

    L'ainé parut hésiter... Finalement, il céda, attendrissant son regard avant de finalement lui faire un signe de tête. Oui, bien sûr qu'il resterait... Il contourna le lit sous le regard scrutateur de l'enfant. Il hésita un moment avant de finalement faire tomber son jean et de venir s'allonger sous la couverture. Instantanément, il sentit le petit bras fin se poser sur sa poitrine et le visage se nicher sur son épaule. Il serra alors sa prise sur le corps fin et le veilla un moment avant de sombrer dans les limbes d'un sommeil profond.

    Ronan ne dormait plus tout à fait. Il profitait de la proximité de ce corps chaud, de cet être chaleureux. C'était tout ce dont il avait besoin: se sentir apprécié, aimé... Ne plus avoir cette impression d'être de trop. Il était bien, il avait trouvé sa place. Il était heureux et savait qu'il n'aurait plus à sombrer seul dans l'obscurité, car il aurait toujours cette lumière, ce soleil unique pour l'éclairer. Et pour la première fois depuis bien longtemps, il souriait vraiment et du plus profond de son âme il remerciait cet ange de l'avoir sauvé de ses ténèbres.

    © Naeri


  • Commentaires

    1
    Samedi 18 Octobre 2014 à 19:54

    Très beau texte :D J'adore ! 

    Tu as changé ton thème ?!

    2
    Samedi 18 Octobre 2014 à 20:44

    Merci beaucoup !
    Oui, j'ai changé le thème. Je ne sais pas, j'avais envie... Une pulsion qui m'a prise comme ça, ce matin. J'en suis pas tout à fait satisfaite mais bon ! Il devrait rechangé d'ici quelques semaines je pense. 

    3
    Samedi 18 Octobre 2014 à 21:12

    Oui, il reprend vachement l'ancien ! 

    4
    Mardi 20 Septembre 2016 à 09:33

    Wah ! J'aime beaucoup !

    J'ai plongé dans ce texte, tête la première, savourant chacun de tes mots, et là, quand je vois la fin, c'est comme un choc. Il est difficile de ressortir de ça (désolée, je ne sais pas comment dire ^^).

    J'ai vraiment bien aimé, à tel point que j'en aurai espéré une suite, la continuité de ces sentiments, ces émotions qui m'ont pris à la gorge et ne m'ont plus lâché jusqu'à la fin.

    J'ai comme une impression de vide en finissant ce texte, j'étais tellement plongée dedans, avide de lecture, que je ne m'attendais pas à ce que ça finisse aussi tôt. (ce n'est pas une impression de vide comme ''il manque quelque chose'' mais plutôt comme ''je veux continuer'' je ne sais pas trop comment exprimer ça x))

    Voilà. Je sais que c'est un article qui date de deux ans maintenant, mais j'avais terriblement envie de commenter un tel texte, avec les impressions qu'il m'a donné et le ressentit qu'il m'a laissé.

    Tu as un grand avenir dans l'écriture, continues comme ça !

    Gros bisous !

    5
    Mardi 20 Septembre 2016 à 18:25

    Oh, oui. Ce texte remonte à vraiment longtemps... ! Mais merci ! Je suis heureuse qu'il t'ai plut à un tel point. Je ne pensais pas. A dire vrai, ce texte fait partit de mon passé et je ne me souviens plus bien... J'ai du mal à le relire, je crois qu'il fait remonter trop de choses en moi. Du coup... ! Mais je suis vraiment très heureuse qu'il te plaise !

    Merci encore une fois pour ton commentaire. Tes passages me font toujours autant plaisir !

    6
    Mardi 20 Septembre 2016 à 19:39

    Oh tu n'as surtout pas à me remercier ! J'aime beaucoup te donner mon avis, lire ce que tu fais, ce que tu écris. Ton travail me plaît beaucoup, ta manière d'écrire est vraiment unique et attirante ^^ alors pour moi, il est normal de te dire à quel point j'aime you ça ! ;)

    7
    Mercredi 21 Septembre 2016 à 17:08

    Ca me touche beaucoup. Je sais que je te le dis à chaque fois mais ...

    8
    Mercredi 21 Septembre 2016 à 17:47

    Ne t'en fais pas je sais ce que ça fait ^^

    Et puis, je me répète toujours aussi !

    9
    Vendredi 23 Septembre 2016 à 07:59

    Oui mais même si tu te répètes et que du coup, moi aussi... Ça me fait toujours autant plaisir !!! Voir même un peu plus à chaque fois parce que je vois que tu me suis, que tu vies aussi un peu mon aventure sur le Web avec moi. Et ça,  c'est énorme surtout en ce moment.. ^-^ 

    Alors je ne te le dirais sans doute jamais assez mais merci de rester et de prendre le temps de commenter même ces articles (comme celui-ci) qui sont chez moi une petite déception.

    10
    Samedi 24 Septembre 2016 à 10:41

    Haha heureusement que ça te fait plaisir ! Bien sûr que je te suis, j'aime beaucoup ce que tu fais, ta passion, tes écrits, alors c'est tout à fait normal.^^

    De rien pour tout ça ! Mais c'est à moi de te remercier pour tout ce que tu nous partage !! ;)



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