• En Colo

    Warning: Homosexual subject  .

    Il fait sombre. Tout est plongé dans l'obscurité. Et si ce soir, Tim arpente la jetée c'est pour une bonne raison: oublier. Oublier que sa colonie de vacances est un véritable désastre où il est le souffre douleur... Oublier que tout à commencé à cause de son physique plutôt frêle coupant avec tous les garçons aux corps de mannequins... Le contraste entre ses cheveux couleur des corneilles et sa peau blafarde a tout de suite attiré l'attention...

    Ca a commencé doucement. Au début, ce n'étaient que des mots parce que ce ne sont toujours que des mots. Et puis après, il y a les méchancetés... Les paroles blessantes amèrement dites, sincèrement pensées...

    Sa timidité maladive ne l'a pas aidé... Elle a été source de rejet et de moqueries encore plus acides... Parce qu'il ne répondait rien, parce qu'il encaissait en silence, sans rien dire, ce même masque de neutralité sur son visage fin.

    Mais depuis peu... Ses orientations sexuelles rendues publiques par un crétin sont l'origine de certains coups portés physiquement.

    Voilà pourquoi ce soir, il est sur la jetée au lieu d'être dans son lit, au chaud, à rêver de demain... Voilà pourquoi Timothée a les larmes aux yeux et l'envie d'écourter ses vacances... Voilà pourquoi il shoot ce pauvre caillou qui finit dans les profondeurs de la rivière...

    Fatiguée, il se laisse tomber sur la terre meuble et trempée. Il ne peut s'empêcher de sangloter. Alors, pour étouffer ses propres bruits et éviter qu'on le trouve, il plonge sa tête dans ses bras et ramène ses jambes contre lui. Il pleure à chaudes larmes.

    Ainsi recroquevillé, il offre la possibilité à la pluie de s'engouffrer dans son col, de venir le glacer de l'intérieur plus qu'il ne l'est. Mais au fond, le froids ne l'inquiète pas plus que cela. Il devrait pourtant... Mais... A l'intérieur, c'est comme si son cœur ordonnait à son corps de se briser et ça, c'est plus douloureux encore que la morsure de l'eau froide. Car dans ces circonstances, on se sent simplement trahit par son propre organe, par sa propre personne... Simplement déboussolé et désespérément seul.

    Finalement, même loin de la ville, loin de sa famille... Il se dit qu'il ne reste qu'une "sale pédale" aux yeux du monde...

    -Tim?

    Il se crispe. Son coeur s'emballe sous la peur et son corps se tend. Il murmure doucement quelques paroles inaudibles. Il ne veut pas que quelqu'un le trouve. Non... Pas jusqu'ici... Il veut être seul. Il a fait attention à ce que personne ne le suive... Il se demande ce qu'ils vont faire et s'ils sont nombreux. 

    S'il avait ouvert les yeux, Timothée se serait aperçut qu'ils n'étaient que deux sur le bord de la jetée: lui et un autre jeune homme de sa colonie qu'il a déjà croisée de nombreuses fois. Mais il est trop paralysé pour lever un regard vers lui.

    -On te cherchait...

    La voix est douce mais ça ne peut être qu'un piège pour Tim. Sans doute pour l'attendrir, qu'il se fasse de fausses idées, qu'il se pense apprécié et surtout en sécurité. Bon sang ce qu'il aimerait que quelqu'un s'inquiète pour lui... Véritablement...

    -Tu n'étais pas dans la chambre... 

    Bien sûr que non, il n'y était pas ! Il ne veut pas que ces quatre autres abrutis qui la partagent le surprennent dans son sommeil...  Il ne veut plus ouvrir les yeux et découvrir un corps au-dessus du sien. Il ne veut plus que les autres lui maintiennent ses chevilles et poignets pendant que cette main s'infiltre sous le haut de son pyjama pour lui arracher et finir par le rouer de coups... Il ne veut plus gémir d'effroi sous ces rires gras et sadiques qui résonnent dans la chambre alors qu'il est à leur merci. Il n'est pas un jouet.

    -Tim? Ça va ?

    Il a perçut le frisson qui a prit le garçon menu d'assaut et il a entendu, par-dessus le vacarme de la pluie, le gémissement qui s'est échappé de sa gorge...

    Timothée sanglote toujours, tentant de chasser ces affreuses images qui lui reviennent de ceux qui lui ont volé sa nuit et toutes les autres. L'autre s'approche doucement, assurant chacun de ses pas pour ne pas glisser sur la pente boueuse... Pour ne pas effrayer non plus la pauvre petite chose prostrée qu'est Tim dans l'obscurité.

    Une peur incommensurable prend d'assaut le plus jeune qui se demande s'il ne va pas être balancé à l'eau à cette heure tardive, sous cet orage virulent. Mais rien. Il reste là, seul, sur cette berge trempée. Il commence à se demander s'il n'a pas rêvé et s'aperçoit que la pluie à cessé de le tremper. Elle cesse de battre sa nuque gelée et son corps engourdi pourtant elle continue de tomber pour faire grossir la rivière.

    Il ne comprend plus très bien et relève la tête pour essayer de comprendre. Son regard se heurte alors à une masse sombre penchée vers lui. Elle le protège avec sa veste en cuir qu'elle aurait put garder sur ses épaules pour s'abriter.

    Timothée ne sait pas de qui il s'agit. Il fait trop sombre. Mais il devine que c'est un des garçons de sa colonie. Tout en lui vient alors se bousculer. Il se demande pourquoi il fait ça, si ce n'est pas encore un piège foireux pour lui faire perdre le peu de dignité qu'ils n'ont pas encore piétiné...

    Au final, la fatigue est trop grande et il se laisse faire. Tant pis si c'est un piège, il a besoin de chaleur. Dans les deux sens du terme. Il est tellement frigorifié qu'il peut à peine bouger ses doigts et la différence de température entre cette main brûlante qui déjà lui empoigne son bras nu le fait sursauter.

    Résigné, il essaie de se lever, mais c'est l'autre qui le relève d'un geste sûr tant il est épuisé et mort de froid. Il ne remercie pas la personne de lui offrir son corps chaud et sa veste en cuir. Il ne le remercie pas de l'aider à remonter la pente boueuse ni de soutenir son poids et d'assurer ses pas maladroits. Il ne le remercie pas d'être là parce qu'il n'en a pas la force et qu'il garde en lui cette crainte que tout ceci ne soit qu'un coup monté.

    Ensembles, l'un au bord de l'hypothermie et l'autre commençant à paniqué, ils regagnent les bâtiments. Tout le monde, ou presque, dort. Les couloirs ne sont plus éclairés mais leurs yeux se sont habitués alors ils y perçoivent quand tourner.

    Timothée, sur le point de s'évanouir, comprend tout de même que ce n'est pas vers sa chambre qu'il se dirige et se met à trembler. Il essaye de résister, de s'échapper de cette poigne qui le maintient contre ce corps chaud et fort mais il ne peut rien faire.

    C'est la voix proche, chaude, murmurée à son oreille qui lui fait comprendre de qui il s'agit et qui l'apaise un peu. Qui calme sa peur, car la chaleur de cette voix est rassurante.

    Il se laisse faire en se rappelant que c'est Arthur... Le beau gosse de la colo... Le gars le plus hétéro du monde, qui affiche le portrait de sa petite amie en fond d'écran... Le gars qui semble dans son monde, avec sa bande d'amis et qui ne fait de mal à personne. Le gars qui n'est jamais là lorsqu'il se fait lyncher publiquement...

    Arthur lui ouvre la porte de la chambrée et il s'y engouffre en silence. La pièce est éclairée de toutes les lampes de chevets et sur un lit, les trois autres probables camarades d'Arthur sont là. Ils se tournent d'un même ensemble vers Tim lorsqu'il s'avance, poussé par le plus âgé.

    Timothée se sent mal à l'aise, là, dans cette chambre au milieu de ces inconnus. Pourtant ceux-ci se pressent autour de lui, lui pose des questions, semblent s'inquiéter pour lui, pour son état. L'un d'entre eux vient même lui proposer des affaires sèches et chaudes et celui qui l'a transporté jusqu'ici lui cède son lit sans hésiter.

    Il préfère rester silencieux. Il n'ose pas se changer devant ces quatre paires d'yeux. Enfin trois. Arthur lui tourne le dos. Il est au fond de la salle et se change silencieusement. Le regard de Tim se pose sur lui, sur ses épaules carrées, son dos musclé... Il baisse ses yeux et fixe le sol. Non... Il faut qu'il arrête ça... Si les trois le remarquent... Il va encore être...

    L'un des trois jeunes comprend son immobilité et s'exclame alors qu'il est désolé. Ils n'avaient simplement pas pensé que se changer sous le regard scrutateur de trois adolescents pouvait être quelques peu dérangeant ou même intimidant. Ils finissent alors par se retourner et laisser au plus jeune un semblant d'intimité nécessaire pour se changer. Mais complètement congelé, il a du mal à retirer ce t-shirt qui lui colle à la peau. Son jean s'agrippe à ses jambes menues mais il finit par s'en débarrassé et se glisse dans le jogging gris trop large pour ses hanches fines et le t-shirt étrangement à sa taille.

    -C'est bon ? demande l'un des trois.

    Tim ne sait pas encore différencier quelle voix appartient à qui mais il répond que oui. Alors tous se retournent et se regroupent autour de lui.

    Arthur lui pose quelques questions auxquelles il refuse de répondre. C'est un peu capricieux de sa part... Mais il ne peut juste pas répondre à ces questions trop personnelles... Pas à ces gens qu'il ne connait pas...

    -Tu vas dormir ici, cette nuit. Je te laisse mon lit en attendant de trouver un autre arrangement. D'accord ?

    Il n'a pas le temps de répondre que déjà, une main sûre le fait s'assoir sur l'un des bords.

    Arthur s'assoit en face de lui. Leurs genoux se touchent. Pour la première fois, Tim peut l'observer de près, le dévisager sans sembler insistant dans son regard. Il peut le détailler en faisant juste semblant de soutenir simplement son regard.

    Arthur est brun. Environs un mètre quatre-vingts. Les reflets orangés que jette sur lui la lampe de chevet font paraitre sa peau plus mate qu'elle ne l'est réellement et ses yeux plus foncés. Il est plus large d'épaules que lui et sa taille un peu plus imposante. A proprement parlé, Arthur est plus imposant que lui... Comme tout le monde ici...

    Il est doux dans ses gestes comme dans ses paroles. Il rassure sans difficulté le plus jeune et l'amène à se confier doucement. Sans qu'il ne s'en rende compte... Timothée répond à la question d'Arthur avec sincérité, sans hésiter, sans avoir peur...

    -Pourquoi les gars de ta chambre te cherchent ?
    -Ils veulent sûrement encore m'attacher au pied de mon lit pour la nuit...
    -Pourquoi le voudraient-ils ?
    -Je... ne suis pas "comme eux". admet Tim sous le regard médusé d'Arthur et de ses camarades.

    La porte de la chambre s'ouvre à la volée sur trois adolescents, coupant court leur conversation.

    -Il est où Timy qu'on lui casse sa gueule, les gars ?

    Arthur se relève brusquement, se mettant d'instinct devant un Timothée effrayé tandis que ses amis s'approchent de la porte pour bloquer le passage. Ils l'ont repéré. Ils fondent sur lui, mais se retrouvent bloqué par les trois amis d'Arthur.

    De là où Tim est, il peut voir que tous semblent prêt à en venir aux mains. Il a peur de comment cela pourrait se terminer. Il a peur de causer du tort aux quatre garçons qui l'on accueillit si gentiment. Et il est terrifié à l'idée de se retrouver seul avec ses camarades de chambrée.

    -Pourquoi ça ? demande Arthur d'une voix sèche
    -Putain mais c'est une pédale les mecs... Puis c'est pour s'amuser !
    -Et alors...

    Arthur marque une pause. Il est sûr de lui, sa posture figée et en avant lui donne de l'assurance. Timothée ne peut que fixer son dos mais il est certain que son expression faciale doit être terrifiante au vue de celle des intrus.

    -Si je te dis que moi aussi je suis gay, tu trouves toujours ça drôle?
    -Putain Arthie pas toi !?
    -Et pourquoi ? Je ne corresponds pas à l'image que tu te faisais des homos ?

    Les trois garçons présents dans la pièce se chargent d'écourter la discussion en virant les protagonistes gênants. Ils n'ont aucunes difficultés à les faire sortir de la pièce. La porte se referme sur eux et des bruits de pas retentissent. Des coups et des gémissements également.

    Timothée s'affole. Il pense aux amis qui l'ont aidé. Il a peur pour eux. Arthur se charge alors de le rassurer. Il se rassoit en face de lui et lui dit que tout va bien, que les emmerdeurs ne viendront plus l'importuner. Il est confiant. Tellement confiant.

    Il invite alors le plus frêle à se recoucher. Ce soir, il est le gardien de son sommeil et veille sur lui comme l'on veille le plus précieux des trésors. Personne ne viendrait plus lui voler sa nuit. Personne ne viendrait plus lui causer du tort, Arthur s'en faisait la promesse.

    Le garçon aux cheveux sombres s'allonge et se glisse sous la couverture. Il est fatigué. Épuisé même. Sa tête rencontre à peine l'oreiller que déjà il sombre. Depuis combien de temps n'a-t-il pas dormit correctement ?

    Le sol est inconfortable, mais Arthur se tait. Il tente de trouver une position convenable pour s'endormir mais il a du mal. Ses amis finissent par rentrer et avec eux l'idée de leur emprunter leur couche disparait. Au bout de deux bonnes heures, alors qu'il commence à sombrer, la voix de Timothée s'élève dans la nuit. L'appelle est timide, presqu'inaudible, peu assuré.

    Un geignement à moitié endormis répond au plus jeune et il ose poser la question qui l'empêche de se rendormir depuis plusieurs longues minutes.

    -Tu es vraiment... gay ?
    -Je pensais que toi au moins tu n'aurais pas de préjugés... souffle doucement Arthur

    Le cœur de Timothée s'affole. Il n'avait pas voulut le vexé. Il ne veut pas perdre cette unique personne qui semble être disposé à l'accepter tel qu'il est.

    -Non ! Enfin c'est que... A chaque fois, tu es entouré de toutes les filles de la colo' et puis... il y a celle que tu as en fond d'écran...
    -Sa sœur ?! s'exclame alors l'un des trois autres garçons de la chambre.

    Timothée sursaute. L'intervention de l'un des garçons qu'il pensait endormi lui a fait peur. Et une fois la surprise passée, il se sent idiot. Il n'y avait pas pensé avant mais les ressemblances étaient là pourtant. Il se mord la lèvre en bafouillant quelques excuses minables. Le rire d'Arthur lui répond et le détend. Il ne lui en tient pas rigueur... C'est déjà ça...  

    Un ronflement informe Arthur que son ami s'est rendormi, laissant Timothée et lui seul éveillés dans la nuit. Les deux autres étant déjà dans les bras de Morphée à faire de jolis rêves depuis bien longtemps.

    -Oui, Tim. Je suis vraiment gay. murmura Arthur avant de s'enrouler dans la couverture dans l'espoir de s'isoler du froid et de s'endormir.

    Arthur ne pouvait tout simplement pas en tenir rigueur à Tim... Il le trouvait de plus en plus mignon et imaginer les rougeurs sur les joues pales de ce taciturne ténébreux ne le rendait qu'encore plus charmant.

    Il soupira doucement avant de se rendormir sur le sol dur et inconfortable, remerciant ses amis d'enfance de l'avoir suivit pour cette colonie et de ne jamais l'avoir abandonné.

     

    Après quelques jours à apprendre à se connaître, les cinq garçons sont devenus les cinq doigts de la main. A un tel point qu'ils ont insistés pour déménager un lit et dormir tous dans la même chambre. Grâce à Ludo, Kevin, Samuel et Arthur, Tim n'a plus été sujet à moqueries ou souffre-douleur d'abrutis. Les remarques et les coups bas se sont arrêtés dès le lendemain où ils avaient tous fait connaissance.

    Ce soir est l'avant-dernière soirée de la colonie de vacances. Une petite fête autour d'un feu de camp avec marshmallow et jus de fruit, entre amis, entre connaissances, entre garçons et filles de la colo'... Des accords de guitare et des éclats de rire rythmant la soirée, personne ne s'aperçut de l'absence de deux uniques jeunes hommes. Personne à part les trois inséparables.

    Dans leur chambre, Tim et Arthur se font face. Le plus jeune est allongé dans son lit et fixe celui assis contre le pied du lit. Pour leur avant-dernière soirée, ils veulent être seuls... Parler d'eux... Parler de leur vie qu'ils ne vont pas tarder à reprendre... Séparément. Et pourtant si proches sans le savoir.

    -Arthur... Tu vas m'oublier ?
    -Bien sûr que non.

    D'un mouvement agile, il saisit le téléphone portable du plus jeune et ouvre le répertoire. A l'intérieur, il créer un nouveau contact et entre ses coordonnés. Tim semble surpris mais comprends et accepte. Ainsi, ils resteront en contact, même de loin...

    Lorsqu'il reprend son téléphone, il observe la fiche nouvelle. A cet instant, il manque de défaillir. Une information le frappe plus que les autres.

    -On est voisins, Arthur... glisse doucement l'adolescent aux cheveux corbeaux

    La surprise passe mais un malaise s'installe. Arthur se sent mal...

    -Tim ?
    -Hum ?

    Un long silence lui répond avant qu'Arthur ne reprenne d'une voix mal assurée:

    -Non, rien.

    Pour la première fois, Arthur est gêné. Il ne sait pas quoi dire, il ne sait pas quoi faire. Il est juste là, une main dans ses cheveux, à se les ébouriffé inconsciemment. Il doute. Il hésite. Il se questionne, pense trop... Il prend une grande inspiration et ferme les yeux. Tout son être se détend et il fait le vide dans son esprit. Il cesse de penser.

    Il hisse son corps sur le lit et s'allonge contre le flanc de Timothée. Juste parce qu'il a envie... Juste parce que ce soir, il souhaite ressentir un corps chaud contre le sien. Juste parce que Tim lui fait de l'effet et qu'il a envie d'être contre lui. Chastement. Sans arrière pensés...

    Tim s'est figé à l'instant où il a sentit le matelas s'affaisser sous le poids de son désormais ami. Il retient son souffle et n'esquisse aucun mouvement. Il a peur. Peur que quelqu'un les trouves ainsi. Peur... Parce qu'il a toujours été dupé et qu'il n'a jamais connus que ça. Finalement, il se détend lorsque le bras chaud d'Arthur rapproche leur deux corps et qu'il sent son souffle brûlant lui caresser la nuque. Il perçoit le bout du nez qui se mêle à ses mèches sombres et les battements de cœur lents derrière lui.

    Il est bien dans ses bras, près de cette unique personne qui lui a manifesté un quelconque intérêt. Il a envie de se retourner, d'agripper le vêtement et de se serrer plus encore contre ce buste. Il a envie de sécher ses larmes dans ces bras, d'emmêler ses jambes tremblantes à celles assurées...

    Quand il reprend conscience, il s'aperçoit qu'il s'est mit à pleurer. Ses yeux embrumés fixent alors le visage penché au-dessus de lui. Depuis combien de temps se fait-il ainsi dévoré des yeux ? Depuis combien de temps Arthur se mord-t-il la lèvre ? Pourquoi ?

    Arthur se retient. Il prend sur lui. Ô combien il veut embrasser ses lèvres fines dans un baiser doux. Il a tellement envie de glisser ses mains sur les flancs, relever le t-shirt saillant, découvrir la peau blême et l'embrasser...

    Précieusement, sans lâcher le regard sombre, il s'exécute. Il ne veut pas effrayer Tim. Il lui murmure au creux de l'oreille que s'il ne souhaite pas ce qui arrive, il peut l'arrêter à tout instant... Ses paroles sonnent étrangement dans sa gorge et il espère que Tim ne l'arrêtera pas... De tout son cœur.

    Personne ne l'a encore jamais touché ainsi... Personne n'a encore jamais embrassé son corps avec autant d'amour et de douceur. Personne ne l'a jamais fait se cambrer sous de simples caresses sur ses flancs qu'il découvre si sensibles. Alors il s'abandonne complètement entre les bras forts d'Arthur. Il se laisse doucement porter par toutes ces sensations exquises. Le bout de ses doigts s'emmêle dans la chevelure plus claire et il ferme les yeux. L'une de ses mains vient épouser la forme de l'omoplate d'Arthur et il gémit doucement, son corps se courbant sous un énième passage sur ses côtes.

    Arthur glisse lentement sa jambe entre les cuisses du plus frêle encore tremblant contre lui. Il remonte doucement, baisant chaque parcelle de peau offerte avec une telle délicatesse qu'il fait doucement monter le désir physique.

    Maintenant, Timothée ne tente plus de retenir ses faibles soupirs d'aise. Il sait que dans la chambre, ils ne sont que tous les deux. Et il sait qu'Arthur n'en profitera pas. Pas dans le mauvais sens du terme en tous cas: il n'est pas comme ceux qui le harcèle continuellement. Lui est différent.

    L'obscurité, complice de leur proximité, les enveloppes totalement et seul la lune, témoin de leur abandon au désir promet de garder leur secret... Leur secret d'une nuit... Et peut-être d'autres...

     © Naeri

     


  • Commentaires

    1
    Samedi 6 Décembre 2014 à 12:08
    C'est beau et c'est la triste réalité... les gays sont trop souvent victimes de ces attaques ! :) En tout cas, heureux pour Tim et pour Arthur ! :D
    2
    Samedi 6 Décembre 2014 à 13:49

    J'ai posté la fiction juste avant de partir en week end et je m'apprêtais à t'envoyer un petit message pour te prévenir, mais je vois que tu l'es déjà ! 
    Contente de savoir que le texte te plaît et surtout de savoir que je ne suis pas la seule à constater ce genre de réalité bien triste en effet.

    3
    Samedi 6 Décembre 2014 à 13:52

    Oui ^_^ Je suis abonné à toi, donc, je reçois dans mon fil d'actus tes derniers posts ^^)

    Bah j'en connais pleins des gays, je sais ce que ça fait au quotidien de devoir les protéger :)

    4
    Samedi 6 Décembre 2014 à 14:45

    Oh, trèsbelle histoire :) Triste, au début, mais douce à la fin, vraiment, je suis heureuse pour les deux...protagonistes (si c'est ça bien comme ça qu'on dit x]).

    J'aime beaucoup la manière dont tu décris les réactions, car elles sont réelles, et mettent des mots sur des ressentis.

    Cela faisait longtemps que je ne t'avais pas lu, eh bien j'aime toujours autant ;) (si ce n'est plus :'3)

    5
    Samedi 6 Décembre 2014 à 16:30

    Ton commentaire me va droit au cœur, Véritay. Merci encore. Cela remotive grandement de recevoir un petit message positif et d'avoir un avis un peu détaillé sur ce qui est apprécié comme tu l'as fait au niveau des réactions !
    Eh oui oui, on dit bien "protagonistes" ! 
    A très bientôt j'espère !

    Pour Sacha27, je tiens également à te remercier d'être aussi fidèle à mes posts et aussi à l'affût. ^-^ Ca fait aussi grandement plaisir à la pauvre petite écrivaine en herbe que je suis :)
    Je m’efforce vraiment de poster assez souvent mais bon, mon inspiration va plus qu'elle ne vient ces temps-ci... 

    6
    Samedi 6 Décembre 2014 à 17:28
    Ce texte est beau. Très beau. Il y a de petites répétitions mais j'aime beaucoup ce texte.
    7
    Samedi 6 Décembre 2014 à 17:33

    Eh bien, de rien ^^
    D'accord, dans ce cas je ressortirai ce mot pour étonner ma prof de français '-' (en première, je crois qu'on est censé le connaître depuis longtemps, mais bwef x) )

    8
    Samedi 6 Décembre 2014 à 18:49

    Merci Angel ♥ !! C'est toujours un plaisir d'avoir ton avis ! ^-^
    Véritay, vu le peu de vocabulaire que mes camarades possèdent franchement... Tu peux le ressortir, je crois que ça ne peut que lui faire plaisir !

    9
    Samedi 6 Décembre 2014 à 23:59

    Je me suis aperçue que dans mon commentaire moi même je me répétais :)

    Mais de rien, cela fait toujours plaisir de lire tes écrits :)

    10
    Dimanche 7 Décembre 2014 à 09:51

    Héhé, ce n'est pas un gros soucis ! Enfin je crois... ♥

    11
    Dimanche 7 Décembre 2014 à 11:24

    Vraiment? Dans ce cas, "tant mieux", je le ressortirais :'3

    12
    Mardi 2 Juin 2015 à 18:39

    Oh que j'adore celui là ! Je l'adore parce que c'est un sujet très peu abordé à mon goût dans les écrits chez les jeunes... Peut-être que je me trompe.

    J'aime beaucoup ce texte, encore une fois !

    13
    Mardi 2 Juin 2015 à 19:49

    Merci énormément, ça me fait vraiment mais VRAIIIMENT très plaisir que tu prennes le temps ! Ça remotive un peu et ça met du baume sur mon pitit cœur ! 
    Il est vrai qu'on tait trop souvent ce genre de choses... Ce n'est pas forcément un sujet facile à aborder et il est parfois un peu dangereux de se risquer sur ce terrain. Peur de blesser, peur de mal tomber, peur de vexer ou d'aggraver les choses peut-être... Enfin bon. Je suis contente qu'il te plaise.

    14
    Mardi 2 Juin 2015 à 20:11

    Oh mais de rien ! A vrai dire, je suis un peu comme toi, ça me motive tellement lorsqu'on apprécie mes créations.

    Je partage également ton avis. C'est vrai, c'est dangereux, comme la religion, etc... Mais tu as su aborder le problème dans ce texte, qui reflète je suppose, ta propre croyance. Et ça, c'est super.

    Je ne peux pas m'empêcher de regarder le thème de ton blog, je suis absolument fan, c'est vraiment très joli !

    Ah oui et... Tu comptes publier dans "Stories" ? J'ai hâte de voir ce que cela donne !

    15
    Mardi 2 Juin 2015 à 20:24

    Oooh !! Merciii !! Je l'ai travaillé celui-là !! Démotivée, j'ai un peu délaissé Pretty Lies et pour mon retour, je voulais faire un petit thème qui... Change ! Je suis contente qu'il te plaise ! Décidément, ce soir tu as l'air de vouloir me faire sautiller de joie ! C'est très gentil et ça me touche !

    En réalité, dans Stories j'avais déjà publiée des choses mais pour mon retour, j'ai pris la décision de repartir du début à ce niveau là. J'en réécris actuellement une que j'avais déjà postée, corrige une autre et travaille sur une possible dernière

    16
    Mardi 2 Juin 2015 à 20:32

    Oui franchement il est super ! Moi aussi, j'ai repris eklablog il y a seulement quelques jours, en réalité, ça doit faire assez longtemps que j'y suis. Mais bon je ne peux pas m'empêcher de laisser des commentaires aux choses si jolies ! Je suis ravie alors !

    J'attends alors avec impatience !

    17
    Samedi 13 Juin 2015 à 22:12

    Ton histoire est vachement cool, je la trouve bien ficelée ! J'aimerais bien avoir une version longue, ce serait vachement sympa ! ^^ En tout cas, tout est bien qui finit bien pour Tim et Arthur. Je ne suis pas beaucoup dans ce genre d'intrigue (bizutage, drame, etc...) mais je dois dire que là j'ai bien aimé ! Tu ne voudrais pas la mettre sur fictionpress ? Et les autres aussi ?

    Un grand merci ! ;)
    Sakka-kun

    18
    Dimanche 14 Juin 2015 à 07:59

    Merci pour ton commentaire, Sakka-kun et merci d'avoir fais le déplacement jusque cette plateforme !
    J'y penserai. Peut-être que je posterais tout ça sur FP un jour... 

    19
    Mardi 30 Juin 2015 à 18:17

    J'ai vraiment adoré ce texte! Et cela sur tout les points... :3

    J'aime beaucoup l'histoire malgré le fait que je n'ai jamais lu les histoires qui mettent en avant une histoire d'amour entre deux garçons. J'aime beaucoup le déroulement et je ne vais pas cacher le fait que j'avais peur qu'il se suicide. (Heureusement qu'Arthur l'a sauvé! :3)

    J'aime vraiment ta façon d’écrire, de prendre le temps de décrire chaque mouvement. Je trouve que cela donne vie à ton texte! En tout cas, tu as du talent pour écrire, il n'y a pas de doute la dessus... :)

    20
    Mardi 30 Juin 2015 à 19:03

    Merci d'avoir pris le temps de laisser ton avis, ça me touche ! D'autant plus que c'est un avis positif que tu m'offres là ! 

    Eh bien... sans vouloir paraître déplacée, je suis contente d'être une première fois plaisante ?? (Sans double sens, pitié !). 

    J'ai rarement mis en scène un suicide... si l'on peut dire cela ainsi. En tous cas j'ai rarement posté sur ce sujet mais oui, Arthur l'a sauvé. Arthur et ses amis ! ;)

    Ça me fait très plaisir que tu me dises ça même si je, comparé à certaines oeuvre que j'ai pus lire j'ai un peu honte parfois !

    21
    Mardi 30 Juin 2015 à 19:14

    Mais de rien, c'est tout à fait normal! :)

    (Mais dans quel sens devrai-je le prendre? Non non, je m’arrête tout de suite!)

    Lorsqu'Arthur est venu en mode "sauveur", j’étais en mode "fillelaplusheurseusedumonde"! C'est peut être lui le chevalier Arthur... :o

    C'est normal, on évolue avec le temps! :3

    22
    Dimanche 31 Janvier 2016 à 00:06

    Je trouve ce texte tellement adorable un truc de fou !

    23
    Dimanche 31 Janvier 2016 à 08:58

    Très heureuse qu'il te plaise!! Merci d'avoir pris le temps de commenter !! :)

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    24
    Samedi 23 Juillet 2016 à 10:26

    Une histoire qui finit bien ! Je suis fascinée par ce texte, tu m'as véritablement emportée dedans, si bien que j'ai encore l'impression de voir Tim et Arthur, pour de vrai, devant moi. J'ai imaginé – grâce à tes mots – chaque détail de leur corps. Ça m'a touché de lire ça, parce que c'est si vrai. Encore une fois, félicitations, et mes encouragements pour la suite !

    25
    Samedi 23 Juillet 2016 à 13:19

    Un grand merci à toi ! C'est agréable d'avoir un petit message ! Et il est si gentil ! J'ai écrit cela il y a un moment déjà et je suis contente si elle paraît réaliste. Je n'en étais pas pleinement satisfaite, je l'avoue mais bon ! Si elle t'a plut, c'est nickel !! :D

    26
    Dimanche 30 Octobre 2016 à 12:57

    Toujours aussi touchant, hein  ?  X'3. Je dois bien avouer que ton talent m'offre à chaque fois de nouvelles sensations, et mes émotions prennent le dessus, je chiale comme une madeleine U_U.  C'est très beau, et je te le dis, mwa : si tu écris un livre, je jure l'acheter en premier  ! happy Qui osera me défier ? X3

    27
    Dimanche 30 Octobre 2016 à 16:52

    Haha ! Tu es adorable. Je suis ravie de te faire voyager, de t'offrir de nouvelles sensations à chaque lecture. J'aime te voir au détour de ces pages !

    28
    Samedi 3 Décembre 2016 à 22:39

    C'est un très joli texte que tu nous livre là! Il est très émouvant et je suis vraiment contente pour Tim et Arthur ! Je ne regrette pas d'avoir fait de ce texte ma lecture du soir, c'est un beau portrait du premier amour adolescent, toutefois j'aurai aimé que tu développe plus l'attraction entre eux, surtout entre les jours suivants leur "rencontre" et la soirée de leur rapprochement, ça aurait été très intéressant de voir leur amour naître et se développer au fur et à mesure (mais le format court du one shot ne le permet peut-être pas?). En tout cas j'ai hâte de lire ta prochaine nouvelle et de découvrir celles que je n'ai pas encore eu le temps de lire : ) (peut-être une suite à celle-ci?) En tout cas c'est réconfortant à lire je trouve !

    NB : Oh et j'ai crois qu'à un moment tu as écrit "pose" au lieu de "pause" quand tu dis "Arthur marque une pose" (je passe souvent à coté de ces coquilles dans mes propres textes et je sais à quel point c'est dur de les voir, donc je préfère te les signaler ! ^^ n'hésite pas à faire de même avec moi, j'écris si peu en français avec mes études, je commence à perdre en niveau haha)

    29
    Dimanche 4 Décembre 2016 à 08:08

    C'est gentil. Un grand merci ! Je suis heureuse de t'avoir tenu avec moi pour cette soirée et aurait grand plaisir à te revoir un de ces soirs.

    Après... le format du OS aurait tout à fait permit que je développe ces sentiments grandissants, mais ce texte date un peu et je n'y avais pas pensé sur le moment. Par contre, il n'y aura pas de suite à celles-ci. Pour les textes à suites, ce sera vraiment dans la parties "Stories". J'écris les OS un peu pour me débarrasser de ses milliers de thèmes qui me trottent par la tête et qui ne me donnent pas plus que ça envie de "développer" pendant 500 pages.

    Merci pour cette petite erreur, je corrige ça de ce pas !! :) Et je n'hésiterais pas à te faire partager si j'en remarque sur tes textes, mais tu ne perds pas en niveau, rassure-toi !

    30
    Dimanche 4 Décembre 2016 à 20:06

    Oh j'ai hâte de trouver un moment pour lire un autre de tes textes (et poster un des miens, Fatum n'a toujours pas avancer), mais avec les partiels qui commencent dans deux jours, c'est assez compliqué. 
    En tout cas j'ai hâte de trouver un peu de temps pour te lire, j'irai jeter un coup d'oeil à ces "stories" à l'occasion ! Merci beaucoup pour ton compliment, et bonne soirée ^^

    31
    Lundi 5 Décembre 2016 à 20:26

    Oui, je comprends pour la période de partiels. Moi aussi je vais y entrer incessamment sous peu, et j'ai déjà une tonne de rendus à faire là. Je n'ai juste plus de vie, du moins j'ai l'impression que ma vie sociale est partie en fumée. Mais bon, on fait avec, on n'a pas le choix.

    Pour les Stories, pour le moment, tu ne trouvera que des résumés bref, très cours sur celles que j'ai le plus avancer. Je ne veux pas commencer à les poster alors que je ne les ai pas terminée, car je me connais... je les reprends tellement souvent depuis le début que les poster pour au final trois semaines plus tard devoir supprimer l'article, ça me fait chier et ça va embrouiller les lecteurs (si rares sont-ils).

    Mais j'ai hâte de te trouver au détour d'un de mes OS ou autre articles, en attendant qu'un des chapitres voit le jour !! ♥

    Je te souhaite bien du courage pour cette rude période qui s'annonce, nous allons en avoir besoin !! :) D'immenses bisous et toutes mes pensées les plus positives t'accompagnent !!



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